On est à 2 semaines du marathon et je boucle ma préparation. Hier sortie de 13,6km en envoyant du bois, aujourd’hui une sortie tranquille de 16km en fin d’après midi après une journée de bricolage et demain sortie longue de 23km avec un parcours varié et du D+.
Donc, je suis sorti vers 17h sur mon parcours en forêt de Marly. En arrivant près du pont de l’A13, là où l’ONF a bien nettoyé la forêt cet hiver, je rattrape une silhouette qui m’est familière et qui marche tranquillement. Après quelques secondes d’hésitation, je le reconnais. Mais oui! C’est lui! Cela fait au moins six mois que je ne l’ai pas vu. À l’été et l’automne dernier, je le voyais souvent, marchant tranquillement, lunettes de soleil vissées sur le nez, quelque soit le temps, toujours sur le parcours de la forêt. Même si nous ne nous connaissions pas, à force de le doubler ou de le croiser, un lien s’est créé et plusieurs fois je me suis arrêté pour lui parler. De tout, de rien, du temps, du vent, de la vie. Une fois, je crois que c’était au tout début, il m’a expliqué qu’il avait eu un cancer de la mâchoire, qu’il avait été opéré, qu’on lui en avait enlevé près d’un quart et qu’il suivait un traitement lourd de reconstruction osseuse. Ses marches en forêt lui permettait d’oublier un peu ses douleurs et l’aidaient à garder la forme et le moral. Sur le moment, j’avais été sidéré d’autant de franchise. S’ouvrir ainsi à un parfait inconnu m’a semblé étrange, presque impudique. Je n’ai vraiment pas su qui répondre. Mais y avait t il matière à répondre? Attendait il une réponse? Je ne sais pas.
Puis j’ai commencé mon entraînement pour le MDP. Horaires différents, parcours différents. Je ne l’ai plus revu de tout l’automne et de l’hiver. Je pensais l’avoir oublié.
Mais depuis plusieurs semaines, une petite voix me parlait parfois à l’oreille: » tiens, c’est curieux, on ne vois plus notre ami inconnu et convalescent. Que devient-il? Va t il mieux? A t il rechuté? ». Rien de bien gênant, mais quand même. Une sourde interrogation.
Aussi, quand je l’ai revu cet après-midi, je me suis arrêté avec un grand sourire aux lèvres. Il se souvenait de moi autant que je me souvenais de lui. Ma première question a été de lui demander des nouvelles de sa santé. Il va mieux. Et cela se voit sur son visage. Son cancer est derrière lui et il repense à l’avenir.
Nous avons parlé quelques minutes. Une giboulée de mars est passée. J’ai repris ma course. Il a repris sa marche. J’étais réellement ému.
Un joli moment d’échange qui a illuminé ma journée.
Ému.
Laisser un commentaire