Il y a 2 semaines, j’ai fait avec mon voisin Nicolas une petite course tout près de la maison. Il s’agissait du cross de Thiverval-Grignon. Il se déroulait sur le domaine du château de Grignon, propriété de Sup Agrotech Paris. Une boucle de 5,5km à parcourir 2 fois.
Après des pluies diluviennes les jours précédents, le soleil brillait et la température était douce. Le parcours forestier et assez pentu empruntait des petits chemins boueux à souhait avec des passages pierreux et très durs sous les chaussures. Un vrai cross campagnard, quoi.
Il y avait une petite centaine de coureurs et l’organisation des étudiants totalement désorganisée. Une vraie partie de campagne, très agréable!
Isa, Cécile, Héloïse et Gegene étaient là: une chaude équipe de supporter était prêté à me soutenir! Et comme Nicolas était lui même chaud bouillant pour faire un temps (pour mémoire il fait moins de 40 minutes au 10km sur route) je me sentait prêt à envoyer du lourd et à faire un temps canon.
Seulement voilà…
La course est partie comme un boulet de canon, avec les 500 premiers mètres en pente descendante et en 3:30 au km…j’ai suivi le rythme et je me suis tout de suite rendu compte que c’était un jour sans. Aucune sensation. Pas de jus. Le souffle court.,les jambes molles. Rien, NASA, le grand vide. Quand il a fallu faire la première grosse et longue montée sur un chemin pierreux, j’ai souffert, vraiment souffert, incapable de suivre et surtout sans la moindre énergie.
J’ai passé le reste de la première boucle à me demander comment j’allais arriver au bout du parcours et surtout à surveiller où je posais mes pieds entre les nids de poule boueux et les pierres.
A la fin du premier tour, mon équipe de supporter me soutenait très bruyamment. J’aurais bien continué pour leur faire plaisir et aussi par fierté mais le cœur, la tête et les jambes ne suivaient pas.
J’ai abandonné. Mon premier abandon dans une course. Ma fierté et mon orgueil de sportif ont pris un coup sur la tête. Pour justifier mon abandon j’ai raconté que je ne voulais pas m’abîmer les chevilles et les genoux sur les chemins défoncés à 1 mois de la course majeure de ma saison, mais la vérité est que je n’étais pas dans le coup, ni physiquement, ni moralement. Cramé, grillé, tout raplapla.
Alors pourquoi?
Le fait est que je n’arrive pas à dérouler mon programme d’entraînement aussi régulièrement que je le souhaiterais. Mes semaines sont plus que prises par le boulot et les déplacements un peu partout en Europe. Du coup, je concentre mes entraînements sur les vendredi, samedi et dimanche. La veille de la course j’avais fait une sortie longue de 23km en 1h48min sur un parcours avec un D+ de 300 mètres. Un très bon entraînement mais qui m’avais vidé sans que je m’en rende compte. Du coup je n’avais plus de réserve d’énergie physique et morale pour la course.
Une très bonne leçon à peu de frais: je dois me ménager et ne pas faire n’importe quoi. Il faut rester humble avec son corps.
Depuis, même si je suis toujours contraint de concentrer mes efforts autour des vendredi, samedi et dimanche, je fais beaucoup plus attention à ne pas faire n’importe quoi et à écouter mon corps. Par exemple, les lendemains des sorties longues, je ne cours plus et je me repose. Du coup, je réserve les entraînements supérieurs à 20km au dimanche.
Par exemple, le weekend dernier j’ai fait 12km rapides, 15km en pyramide et 23km à 70% de VMA, dans cet ordre. Et comme je n’ai pas eu le temps de courir de la semaine, je refais la même chose ce weekend. J’ai noté hier qu’après 5 jours sans courir j’étais au top. J’ai fait les 7 premiers km à une allure de 4:45 pour un cardio inférieur à 160 bpm et que les 5 derniers km ajustés sur un cardio à 140 bpm ont étaient fait à une allure de 5:15! Pile poil mon objectif. Ouf!
Une bonne leçon d’humilité
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