Marathon de Paris: récit de la course

Enfin! Je crois que c’est le premier mot que j’ai eu en tête en me levant ce dimanche à 5h45. Depuis le temps que toute la famille vit au rythme de ma préparation, depuis tous ces mois que je ne pense à ça, depuis 1 semaine que je surveille mon alimentation comme une poule couve ses œufs (eau minérale adaptée, pack Marathon, pâtes à tous les repas, etc etc…), ENFIN! Je vais pouvoir me lancer dans l’inconnu.

Tout est prêt: mes vêtements sont sur le valet, mon dossard est épinglé sur mon nouveau maillot vert fluo acheté la veille, les guêtres de contentions, nouvelles elles aussi sont dans le sac ainsi que la polaire et un jeu complet de vêtements propres pour l’après course, mon téléphone portable, ma carte bleue, un peu d’argent liquide, ma nouvelle Suunto Ambit2 aussi. Et le sac m’attends dans l’entrée. La table du petit déjeuner est dressée. Dans la maison où tout le monde dort encore, je goûte à un vrai moment de tranquillité et de concentration en prenant mon repas du matin. Je n’ai rien changé à mes habitudes. J’ai juste ajouté une grosse part de « GatoSport », rien de plus. Puis je prépare la boisson d’avant course, toujours venant du pack marathon. Je remonte finir de me préparer en fixant la ceinture du détecteur de fréquence cardiaque associé à la montre.

Départ pour le RER de Saint-Germain pour prendre celui de 7h00 qui va m’amener directement à la place de l’étoile. Même si je ne suis pas vraiment surpris, je remarque que le RER est plein de coureurs, beaucoup accompagnés de leur famille. Intérieurement, je me dis que je n’aurai pas souhaité que ma chère et tendre et les filles m’accompagnent pour ensuite attendre plus de 4 heures que j’arrive. A la station du Pecq, une fille très ronde monte. Elle est déguisée en super-héroïne. compte-tenu de son physique, c’est au minimum ce qu’elle est si elle rallye l’arrivée! l’atmosphère dans le wagon est concentrée, silencieuse. Je crois que tous les coureurs se préparent à souffrir! Plus nous approchons de l’Etoile, plus le wagon se remplit de coureurs.

Descente à l’Etoile. Dans la station, déjà bondée alors qu’il n’est que 7h40 un dimanche matin, le spectacle commence: tous les coureurs portent des couleurs vives, colorées, certains sont déguisés, certains rient beaucoup, d’autres portent des drapeaux et des banderoles, tout le monde se détend au contacts des autres; nous sommes tous si prêt du départ!

Je débouche de l’escalator directement place de l’étoile, juste devant la boutique Cartier. Whaou! beau temps, soleil levant sur l’Arc de Triomphe, foule compacte de touristes ahuris mélangés aux coureurs qui sortent de terre, grosse sono sur les Champs-Elysées, pas de voiture, quel spectacle! l’excitation monte un peu.

Je suis d’un pas décidé le flot des coureurs. Nous nous dirigeons tous vers l’Avenue Foch. C’est là que le vestiaire est installé. Je me dépêche car même si j’ai plus d’une heure avant le départ de la course, je tiens à être bien placé dans mon sas et pour cela il faudra que j’y entre longtemps à l’avance.

Il faut descendre longtemps avant de rentrer dans la zone coureurs, vers le bas de l’avenue Foch. Après un rapide contrôle des dossards car seuls les coureurs sont admis dans la zone, je remonte vers la tente où je vais poser mon sac. Je finis de me déshabiller. je mets mes guêtres, j’ajuste mes chaussures, je ceins mon bandana vert: je suis prêt! Je donne mon sac au bénévole. Maintenant, en route pour la ligne de départ.

je n’ai pas pris de ceinture porte bidon. Je veux courir léger. Finalement, je vais appliquer ce que Phil, mon coach attitré m’a expliqué: boire de l’eau et manger des bananes à tous les ravito. Je n’ai jamais essayé. Mais je suis discipliné: ce que Coach Phil a dit, le coureur Jean-Marc appliquera!

sur la Place de l’Etoile, passage par les pissotières installées pour la journée. Sur ce point précis, les hommes sont très avantagés par rapport aux femmes: il suffit de voir la très longue file qui s’étire pour accéder aux toilettes fermées!

Me voici maintenant à l’entrée de mon sas. il y a un monde incroyable, mélange de coureurs, d’accompagnateurs, de spectateurs et de touristes qui se demandent ce qui se passe. L’organisation, absolument parfaite, filtre l’entrée dans les sas avec gentillesse et sourire. Tous ces bénévoles sont vraiment formidable.

Il est environ 8h15.  L’avenue des Champs-Elysées est encore dans l’ombre. mais l’on voit que le soleil ne va pas tarder à pointer le bout de son nez. Je sais que nous sommes 50,000 inscrits et qu’il y aura environ 40,000 coureurs au départ. Malgré tout, je reste surpris par la foule immense devant moi et aussi derrière. C’est incroyable. Une vraie marée humaine. Aucun mouvement de foule. Tout est serein. Je ne dirai pas calme: les animations  pour l’échauffement commencent. Sur des podiums à environ 2m50 du sol des animateurs nous proposent des mouvements d’échauffement en musique. c’est très sympa. On se croirait à un cours de Zumba géant!

Je suis au troisième rang de mon sas. Pour le départ cela sera parfait. Je discute avec mon voisin, un belge, flamant, venant de Gand. C’est son 4ième marathon, et le premier à Paris. Il adore l’ambiance. Nous sympathisons vite. Nous discutons de tout, de rien. Cela fait passer le temps.

photo_generale_5207178Il est maintenant 8h45. C’est l’heure officielle du départ. Depuis quelques minutes déjà, nous sommes sous le soleil qui monte vite dans le ciel, face à nous, derrière l’Obélisque. Il va faire chaud!

Le speaker hurle dans les hauts-parleurs que le départ est donné. Pour le moment, tout se passe loin devant. Nous ne partirons pas avant au moins 10 minutes, mais ça y est! nous sommes dans la course. Chacun rentre sans sa course. Les discussions font place à la concentration. J’ai le cardio qui reste à moins de 70 pulsations, malgré l’excitation. Je me répète les consignes de course: « ne pas partir vite; faire attention à ne pas s’emballer dans les 5 premiers kilomètres malgré la facilité de la pente descendante; prendre le rythme de 5min15 au km dès le début; me restaurer et boire à tous les ravito; et tenir, tenir… »MDP2014 Vue Générale

Devant nous, le sas des 3h30 se vide enfin. C’est à nous! la cordelette qui nous retient tombe. C’est parti! 42km 195m à travers Paris!
Dès le départ, je sais que je suis un peu trop rapide. Je pars en 4min45s au km. Mais bon… j’ai l’impression d’aller à un tout petit train… Ce qui est étonnant c’est qu’à aucun moment j’ai le sentiment d’être au mieux d’une foule compacte. J’ai de la place et je n’ai pas besoin de me frayer un chemin au mieux des autres coureurs. Encore une fois, c’est à mettre au crédit de l’organisation. Bravo.

Au 5ième km. Tout va pour le mieux!

Au 5ième km. Tout va pour le mieux!

Obélisque, rue de Rivoli, Louvre, mairie de Paris, Place de la Bastille: les 5 premiers km sont avalés à l’allure moyenne de 4:51. Les spectateurs sont là, bien au rendez-vous. Vers le 3ième km je revois la super-héroïne du RER. C’est bien ce que je pensais: elle ne cours pas! Elle est là pour applaudir un ou une proche. Au ravito, c’est tranquille. Je prends soin d’aller vers le milieu ou la fin de la zone, de prendre une bouteille de Vittel (33cl, c’est idéal!) et deux morceaux de bananes. Je bois d’abord l’eau, puis je mage tranquillement les bananes. Je répéterai cela tous les 5km.

Je sens que j’aurai besoin de faire une pause à un moment ou à un autre pour me vider les intestins. Désolé d’être un peu trivial… mais cela fait partie de la course. Bien que j’ai pris toutes les précautions nécessaires, avec tout ce que j’ai mangé depuis une semaine, cela ne me surprends pas plus que cela. Mais pour le moment, cela peut attendre. je vais simplement surveiller du coin de l’oeil où sont les toilettes mobiles. on verra bien queand cela sera vraiment nécessaire.

Direction le 10ième km par le boulevard Daumesnil et la porte Dorée. J’ai un très bon rythme. Je suis calé sur 5min au km avecv un cardio à environ 150 pulsations. Evidemment, il y a quelques pics quand la route monte un peu (porte Dorée et entrée dans le bois de Vincennes). Mais le travail paye: je ne ressens aucun fatigue. J’en profite pour profiter de l’environnement de la course. Je suis un peu déçu. Je connais le parcours, c’est le même que pour le semi marathon que j’ai couru il y a tout juste un mois. Les spectateurs, quoique très nombreux, surtout à l’entrée du Bois de Vincennes, sont trop sages à mon goût. j’aurai aimé beaucoup de bruit, plein d’orchestres, des cris et des applaudissements. Mais c’est assez calme. Pas grave! pour le moment, avec le très beau temps et mes très bonnes sensations, tout va pour le mieux.

Le ravito se passe bien. On longe le champ de course, et on retourne vers Paris.

vers le 14ième km, je je rends compte que ma montre est sur pause depuis le 12ième km! j’ai certainement appuyé sur le bouton en réajustant mon bandeau! J’enrage contre ma bêtise! pourquoi n’ai je pas activé le blocage des boutons? Un appui sur le bouton de démarrage, un autre pour bloquer les boutons et tout rentre dans l’ordre. Mais je resterai énervé contre moi-même jusqu’au bout! je me concentre même sur cette colère pour me motiver et faire passer le temps.

Après le 17ième km: je vole!Au ravito du 15ième km, le rythme est toujours aussi stable: 5min au km avec un cardio fabuleux en dessous de 150 pulsations. Les sensations sont géniales! mais il va falloir que je m’arrête bientôt pour me soulager… Cela sera fait au 17ième km. Haaaa… cela fait, j’ai l’impression de voler!

Au 18ième km il y a des bassines d’eau et un arrosage organisé par les pompiers de Paris. Avec la chaleur qui monte, c’est bien utile! Je trempe mon bandeau que je remets aussitôt. L’eau froide me rafraichit en me coulant sur le visage et dans la nuque. Quel bonheur! je répèterai la même opération à chaque fois qu’il y aura un point d’eau. Merci l’organisation et les pompiers!

On rentre maintenant dans Paris par la porte de Charenton. Direction la mi-course par la rue de Charenton et le boulevard Daumesnil. Je suis toujours, tranquille, à 5min au km avec le cardio sous les 150 pulsations. Tout va pour le mieux. Le semi arrive un peu avant d’arriver sur le canal Saint-Martin. Nous le contournons par la place de la Bastille. Descente directe sur les étroits quais de Seine. C’est la foule qui nous attend! Enfin! C’est ce que j’attendais depuis le début: du monde partout. Et il y a la foule des grands jours sur les ponts et sur les quais au dessus de nous. Les applaudissements crépitent. Les encouragements fusent dans toutes les langues. Même les coureurs ont le sourire. Et la Seine est tellement belle… île Saint-Louis, Île de la Cité, Notre Dame, le Pont-Neuf. Que c’est beau sous le soleil! et j’ai toujours de super sensations malgré la chaleur qui monte.

J’arrive au 25ième km sans m’en rendre compte, toujours en 5:00 au km et avec le cardio stable.

Nous rentrons dans le tunnel le long du Louvre. Il fait noir… Mais on se croirait en boîte de nuit! des Laser, des spots, il y a même des boules à facettes je crois! Musique d’enfer avec « Dancing Queen » d’Abba puis de la dance. Tout le tunnel sera animé ainsi. Idée lumineuse pour que l’obscurité du tunnel ne nous avale pas! Bravo à l’organisation!

Et là, c’est à nouveau une énorme pointe d’énervement. Dans le tunnel, il n’y a évidemment plus de GPS. Donc, ma Suunto a détecté que je ne bouge plus. Et comme j’ai bêtement activé l’autostop en cas d’arrêt, elle se mets en pause! je vais encore perdre plusieurs centaine de mètres de tracé (en fait non, mais je le saurai uniquement le soir quand je regarderai mon enregistrement) et toute notion de la distance parcourue. J’enrage vraiment!

A la sortie du tunnel, en débouchant le long des tuileries, ça monte. Et là, je commence à me rendre compte que je vais devoir puiser… Montée faite, nous continuons à longer la Seine par le cours de la Reine et le cours Albert 1er avec la tour Eiffel est en point de mire. C’est beau.

Je sens que je dois me préserver pour finir. Je décide de rester avec un cardio à 150 piulsations. Je redescends un peu la vitesse. J’arrive au 30ième km en 5:13 par km sur les 5 derniers km. Cela reste bien. Mais je sais maintenant que je vais souffrir…

Je me ravitaille. Eau et banane. Je me rafraîchis abondamment en m’aspergeant abondamment d’eau.

A partir du Trocadéro, cela devient plus difficile. certain commencent à s’arrêter pour se faire masser. D’autres grimacent. Les muscles durcissent. Le mur est proche.

Entrée de la rue Mirabeau, 32ième km. Le fameux mur: la route s’élève, et se rétrécit! La foule est très dense et compacte. La musique très forte! On se croirait dans l’arrivée d’un col du tour de France. J’ai adoré ce moment! Une fille de l’équipe d’animation le crie « aller Jean-Marc! ». Sur le moment je ne comprends pas que c’est pour moi car je ne la connais pas. Plus tard je comprendrai qu’elle a simplement lu mon prénom sur mon dossard.

Par le boulevard ‘Auteuil nous arrivons à la porte du même nom. Je craignais que la traversée du 16ième arrondissement soit ennuyeuse. Mais non! il y a du monde et des animations tout du long. Et c’est tant mieux parce que je commence à vraiment souffrir. Je ralentis encore pour tenir le cardio à 150 pulsations.

Sur le boulevard, je vois un fanion. Je me dis que c’est celui du 3h30. Le manque de lucidité… Je le rattrape. Il s’agit en fait du porte drapeau de la fondation Laurette Fugain (lutte contre la leucémie chez les enfants). Le gars a l’air frais comme un gardon. Du coup, je discute avec lui. Ça me remonte le moral! Et il y a deux amis qui courent ensembles. L’un est visiblement en grosse souffrance et l’autre, très facile l’encourage très fort et lui prodiguant force encouragements et conseils. Il y a aussi une fille, qui me double en moulinant des guibolles comme une mobylette. Impressionnant. Ce qui est curieux, c’est qu’elle me doublera de la même manière au moins trois fois avant l’arrivée. Elle a dû s’arrêter souvent.

Porte d’Auteuil, nous longeons le bois de Boulogne. Sur l’allée des fortifications il y a une belle montée, juste après le 35ième km. Le ravito du 35ième km est vraiment très difficile. Je continue à boire et manger des bananes. Mais j’ai du mal à avaler. Une vague nausée… et les jambes sont de plus en plus dures. Je sens que si je m’arrête, je ne repars pas. du coup, je m’accroche. Hors de question de flancher maintenant!

entre le 30ième km et le 35ième, j’ai encore ralenti. Je suis passé de 5:13 à 5:28 au km. Vraiment pas top… Ca doit être ça le mur… Mais je m’accroche et j’avance.

Entre le 35ième et le 40ième, la traversée du Bois de Boulogne est une longue souffrance. Je continue à ralentir. Le manque de jus est évident. Je descends à 5:45 au km. C’est très lent. Mais j’avance. Penché en avant, les yeux fixés sur la route. Concentré sur les 10 prochains mètres, pas plus loin. Et j’avance. J’avance. Une foulée après l’autre. De temps en temps je regarde le cardio. Nickel, je suis en dessous de 140 pulsations. Mais les jambes ne suivent plus.

Je crois que la foule est assez clairsemée. Mais je n’en suis pas sûr. Il y a des animations. je ne m’en souviens plus. Je me rappelle seulement un stand animé par les Cidres Bretons (!). Un arrêt cidre? Pas pour moi… c’était peut-être juste après le 35ième km ou vers le 40ième. je ne sais plus.

Je continue à avancer avec le porte drapeau de la fondation Laurette Fugain. Il a l’air frais. Comment fait-il? les deux gars qui courent ensemble, l’un coaché par l’autre sont toujours là. Je suis encore doublé par cette fille aux jambes de mobylettes.

Ravito du 40ième. je bois juste une gorgée et je m’asperge. Maintenant, je sais que l’arrivée est toute proche. J’arriverai au bout c’est sûr. Mais je cale. Je continue à ralentir. J’ai l’impression d’être une limace. Je passe le 41ième km en 5min55. Encore quelque centaines de mètres. Un rond-point et je vois l’arrivée. Une grosse foule se masse. Beaucoup de bruit. je n’y suis pas encore, mais je me sens incroyablement soulagé et heureux. Des larmes de joies coulent. Je parle à voix haute. Je l’ai fait! Je l’ai fait! Encore quelques mètres et j’aurai franchi la ligne. Je pense aux photographes: j’enlève mon bandana et je le glisse dans mon short. je sors mon portable de la poche pour l’arrêter sur la ligne. Physiquement atteint, mais toujours lucide! Les deux derniers km se font à une vitesse de sénateur en cure thermale: plus de 6 minutes au km!

Evolution de mon temps par km. Après le 30ième, ça pique très fort!

Evolution de mon temps par km. Après le 30ième, ça pique très fort!

20274465Les dernier mètres. Je ris, je pleure. Je suis heureux. Je franchis la ligne les bras en l’air. Je m’arrête. Un coureur qui arrive au même moment se jette dans mes bras. On s’embrasse et se félicitant. On est arrivé au bout! La fin fut dure, mais quel bonheur!

maintenant, je marche. Je me sens mieux. mes jambes sont en bois mais que c’est bon d’être là, de faire partie de ceux qui sont allés au bout de leur effort, de ceux qui ont réussi. Je récupère une bouteille d’eau, une autre de powerade, une demie banane, une de plus. Je passe par le sas où sont distribuées les médailles et le tee-shirt de « finisher ». Je me sens fier! Puis je vais récupérer mon sac. Je marche lentement, partagé entre bonheur, accomplissement, fatigue et un grand vide.

Je m’assoies comme je peux. c’est vraiment difficile. nous sommes plusieurs, assis là, en plein milieu de l’Avenue Foch, au milieu du flot des arrivants qui vont qui chercher leur sac, qui sortir de la zone, qui chercher un ami. J’apprécie beaucoup d’être uniquement avec des coureurs. C’est calme, tranquille. Je discute avec un jeune, pas plus de 25 ans qui est assis juste à côté de moi. Après quelques minutes, je me relève comme je peux.

Je vais faire des étirement contre la barrière de sécurité. Là, caché dans mon poncho coupe-vent, capuche sur la tête, je suis pris de gros sanglots, sans vraie raison. Un gros instant de bonheur et aussi le point d’orgue de tous ces mois de préparation, de concentration, d’efforts de tous les jours, de lutte contre moi-même quand il fallait aller courir alors que j’avais du travail ou que le temps était mauvais.

Ensuite, je rejoins doucement ma chère et tendre en haut de l’Avenue Foch. Toute la famille est là. Je crois qu’ils sont tous fiers de moi! Ils ne comprennent pas vraiment ce que j’ai vécu mais ils voient bien que je suis heureux et c’est ce qui compte pour eux. Même si je ne leur dis rien, je les remercie tous de fond de mon cœur: mon objectif a aussi été le leur et je les ai bien énervé tous ces derniers mois!

Encore quelques SMS aux amis, quelques pas pour rejoindre le RER et nous rentrons.

Voilà. 2 semaines après, j’ai encore un peu de mal à me remettre. Pas vraiment physiquement car j’étais bien préparé et je n’ai pas poussé l’intensité de l’effort au delà de mes limites; c’est plutôt dans la tête que c’est long à revenir. J’ai repris gentiment l’entrainement, d’abord parce que j’aime ça, ensuite parce que j’ai deux courses en vue: la course royale dans le parc du château de Versailles fin Juin, et ensuite le marathon de Tours le 20 Septembre! Vivement qu’on y soit: une si belle promenade sur la jetée de la Loire entre Tours et Villandry cela ne se refuse pas.

Et l’année prochaine: le marathon d’Annecy. Comme c’est à peu près au même moment que le MDP15, tant pis! Aller gambader sur les bord du lac me tente trop!

Ce billet a été bien long. J’ai pris beaucoup de plaisir à l’écrire. Ami lecteur, j’espère, for modestement, que tu ne seras pas ennuyé à sa lecture. Et si tu as un petit commentaire à faire, n’hésite pas! cela me fera plaisir de me savoir lu.

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